Ce refuge a beau être tout neuf et très beau, il reste cependant isolé et les contraintes du REFUGE s’y appliquent. Voici un petit aperçu de la gestion « cachée » de ce joli lieu :
- Les approvisionnements/les stocks :
Comment gérer les stocks au refuge ? C’est la grande question du gardien, qui doit gérer entre les réservations de dernières minutes et l’espace de stockage du bâtiment.
L’été, une piste non carrossable mène jusqu’au refuge, les approvisionnements se font donc en 4×4 (à noter que cette piste est interdite au public (en voiture)). Nous essayons de limiter au maximum nos allers-retours pour ne pas déranger les randonneurs, mais nous sommes bien obligés de remonter un coffre plein de produits frais environ tous les 10 jours dans la grosse saison d’été. Nous en profitons pour descendre nos poubelles, le 4×4 n’est jamais vide !
L’hiver, la piste n’existe plus… alors c’est en hélicoptère. En général 2 rotations en début de saison, et 1 autre pendant la saison pour faire le plein de frais (la cave du refuge est géniale mais petite). On essaie d’optimiser le poids et les commandes, car vous imaginez bien que l’hélicoptère n’est pas gratuit.
- L’electricité :
Comment a-t-on l’électricité au refuge ? Nous l’utilisons pour l’éclairage, les frigos, les congélateurs et toutes nos petites machines de cuisine (bouilloire, trancheuse, mixeur…), l’aspirateur et l’ordinateur du refuge. Ici, toute l’étectricité provient des 22m² de panneaux solaires photovoltaïques situés sur la toiture, et du parc de batterie situé dans un local dédié. Nous avons une puissance de 4kW quand tout marche bien, c’est à dire quand il y a du soleil… ce qui n’est pas toujours le cas. Nous faisons donc attention à notre consommation électrique lorsque le soleil n’est pas au rendez-vous, notamment l’hiver où il est déjà moins présent : pas de bouilloire (tout au gaz!), pas d’aspirateur (balai), pas de café à la machine, on essaie d’optimiser les frigos/congélos pour en débrancher un, pas de lumière allumée pour rien…
- L’eau et l’eau chaude (vaisselle, douche) :
Et pour l’eau, d’où vient-elle ? Nous avons la chance de bénéficier d’une source que nous captons un peu plus haut du refuge, eau de source de grande qualité et donc potable (surveillée tous les ans). La source coule hiver comme été, ce qui nous permet d’ouvrir pendant 2 saisons. L’été, nous surveillons quand même la source fréquemment car son débit varie beaucoup avec les années, selon la pluie, la neige, les températures… En 2022, nous avons dû fermer les douches et les toilettes du refuge pour avoir suffisamment d’eau à vous donner pour remplir les gourdes !!
Et l’eau chaude ????
Il y a également 8m² de panneaux solaires thermiques sur la toiture, qui permettent de chauffer le ballon d’eau chaude du refuge. Extrèmement efficace l’été, la question de l’eau chaude se pose plus en hiver. Le refuge dispose également d’un poêle bouilleur à l’étage, qui chauffe directement le haut du ballon et vous permet donc de prendre des douches chaudes même en hiver ! La gestion de la quantité d’eau et de son chauffage explique pourquoi les douches sont payantes, et limitées en temps (2 minutes, et vous allez voir, c’est largement suffisant 🙂 ).
- Le chauffage/bois :
Venons-en au chauffage du bâtiment. Le refuge étant nouveau, il est au top en référence d’isolation ! La grande baie vitrée plein sud de la grande salle permet au soleil de rentrer dans la pièce l’hiver, et apporte chaleur et luminosité. L’été, on aère le bâtiment, et votre présence suffit à chauffer le bâtiment. L’hiver, nous allumons un petit poêle dans la grande salle, ultra-performant, et après 3-4 jours le bâtiment est à une température agréable 🙂 Plus le poêle bouilleur à l’étage qui chauffe un peu les alentours.
Et en parlant de feu, les aide-gardiens logent dans le petit refuge d’hiver et chauffent également avec un petit poêle, et le sauna du refuge fonctionne également avec un petit poêle… vous imaginez que nous devons parfois gérer 4 feux… il faut un petit stock de bois pour passer l’hiver, et les arbres ne courrent pas les rues dans le vallon !
- La gestion de la literie/drap sac :
Le refuge dispose de lits en bois et d’une literie très agréable, mais vous imaginez bien que nous ne lavons pas la literie après chaque passage. Nous n’avons pas de machine à laver au refuge, et ce serait juste impossible avec l’énergie dont nous disposons. C’est pour celà qu’il vous est demandé d’apporter obligatoirement un drap sac (et une taie d’oreiller), afin de garder nos draps propres pour le prochain…
- Les toilettes :
Une fosse septique a été crée à côté du refuge pour traiter toutes les eaux usées générées par le refuge, il y a donc des « vrais » toilettes dans le refuge, avec chasse d’eau. A noter que la fosse septique est assez fragile, et ne tolère pas autre chose que le PQ (svp ne jetez jamais de lingettes, tampons et autres objets dans les toilettes !!!!)
Et comme expliqué un peu plus haut, l’eau est parfois limitée au refuge. Les propriétaires ont donc installé des toilettes sèches à côté du refuge, un système avec des lombrics décomposant les matières fécales qui ne nécessitent que très peu d’entretien. Pour le passage du midi et lorsque l’eau est limitée, ces toilettes sont la solution !!!
- Les poubelles :
Aaaaaaaah les poubelles… nous essayons d’en produire le moins possible en achetant en gros, en brûlant les cartons sur place et en utilisant un énorme compost pour tous les produits dégradables… mais il nous en reste toujours trop, et le camion poubelle ne passe pas ici ! Nous les stockons dans différentes places stratégiques du refuge (extérieur et intérieur), car les poubelles ont la mauvaise tendance à attirer mouches et petits rongeurs… Les poubelles peuvent rester un certain moment au refuge (notamment l’hiver !), c’est pour celà que nous vous demandons de redescendre vos propres déchets avec vous 🙂
(petit exemple imagé : une couche remplie un peu cachée dans nos poubelles, qui restent 2 semaines dehors… jusqu’à la découverte odorante… svp pensez à nous!)
- Les réservations/les arrhes/les annulations :
Nous sommes ravis que le refuge attire des randonneurs pour profiter de ce beau lieu, mais celà implique une petite organisation, notamment au niveau de la gestion des stocks de nourriture et de la gestion des lits. Réserver à l’avance votre nuitée/demi-pension nous permet d’anticiper le volume de nourriture à monter au refuge, ce qui est très appréciable, et vous sécurise un lit pour la nuit.
Nous demandons 15€ d’arrhes/pers/nuitée lors de la réservation afin de vous sensibiliser un peu à nos contraintes de gestion. Lorsque vous annulez (même pour des bonnes raisons!), cela implique derrière que nous avons anticipé des repas pour rien et parfois même refusé du monde… donc ce n’est pas rien de notre côté. Etant donné le caractère insondable de la météorologie et le fait que nous souhaitions que vous veniez ici pour passer du bon temps et non pas rester à regarder la pluie tomber, nous vous remboursons les arrhes si vous annulez minimum 3 jours avant votre date de venue. Si vous annulez dans ce dernier créneau, nous gardons les arrhes afin de rentrer un peu dans nos frais.
- Le refuge d’hiver non-gardé :
Ici, il y a le grand refuge gardé pendant 2 saisons (et sinon fermé au public), et un autre petit bâtiment que nous appelons le petit refuge d’hiver.
Le petit refuge d’hiver peut être :
– ouvert en gestion libre, pendant les intersaisons du garnd refuge, c’est à dire quand le grand refuge est fermé
– fermé au public lorsque le grand refuge est ouvert et gardé : c’est alors la chambre des aide-gardiens !
Donc en gros, lorsque le grand refuge est gardé, le petit refuge n’est pas accessible.
Plus d’infos sur la page Le refuge d’hiver
Les créneaux d’ouverture du petit refuge en gestion libre sont écrits sur le site.
A noter que chaque refuge est différent sur ce point, bien vous renseigner à l’avance selon où vous allez !